Le Crédit Social en tant que solution économique au sein d’un Québec souverain

Contrairement à une idée trop répandue au Canada, le Crédit Social n’est nullement un parti politique. Le Crédit Social est une doctrine, un ensemble de principes énoncés pour la première fois par le major et ingénieur Clifford Hugh Douglas, en 1918.

La mise en application de ces principes ferait l’organisme économique et social atteindre efficacement sa fin propre, qui est le service des besoins humains.

Le Crédit Social ne créerait ni les biens ni les besoins, mais il éliminerait tout obstacle artificiel entre les deux, entre la production et la consommation, entre le blé dans les silos et le pain sur la table. L’obstacle aujourd’hui, au moins dans les pays évolués, est purement d’ordre financier — un obstacle d’argent. Or, le système financier n’émane ni de Dieu ni de la nature. Établi par des hommes, il peut être ajusté pour servir les hommes et non plus pour leur créer des difficultés.

A cette fin, le Crédit Social présente des propositions concrètes. Fort simples, ces propositions impliquent cependant une véritable révolution. Le Crédit Social ouvre la vision sur une civilisation d’un aspect nouveau, si par civilisation on peut signifier les relations des hommes entre eux et des conditions de vie facilitant à chacun l’épanouissement de sa personnalité.

Sous un régime créditiste, on ne serait plus aux prises avec les problèmes strictement financiers qui harcèlent constamment les corps publics, les institutions, les familles, et qui empoisonnent les rapports entre individus. La finance ne serait plus qu’un système de comptabilité, exprimant en chiffres les valeurs relatives des produits et services, facilitant la mobilisation et la coordination des énergies nécessaires aux différentes phases de la production vers le produit fini, et distribuant à TOUS les consommateurs le moyen de choisir librement et individuellement ce qui leur convient parmi les biens offerts ou immédiatement réalisables.

Pour la première fois dans l’histoire, la sécurité économique absolue, sans conditions restrictives, serait garantie à tous et à chacun. L’indigence matérielle serait chose du passé. L’inquiétude matérielle du lendemain disparaî­trait. Le pain serait assuré à tous, tant qu’il y a assez de blé pour assez de pain pour tous. De même pour les autres produits nécessaires à la vie.

Cette sécurité économique, chaque citoyen en serait gratifié comme d’un droit de naissance, à seul titre de membre de la communauté, usufruitier sa vie durant d’un capital communautaire immense, devenu facteur prépondérant de la production moderne. Ce capital est fait, entre autres, des richesses naturelles, bien col­lectif; de la vie en association, avec l’incrementum qui en découle; de la somme des découvertes, inventions, progrès technologiques, héritage toujours croissant des générations.

Ce capital communautaire, si productif, vaudrait à chacun de ses copropriétaires, à chaque citoyen, un dividende périodique, du berceau à la tombe. Et vu le volume de production attribuable au capital commun, le dividende à cha­cun devrait être au moins suffisant pour couvrir les besoins essentiels de l’existence. Cela, sans préjudice au salaire ou autre forme de récompense, en plus, à ceux qui participent personnellement à la production.

Un revenu ainsi attaché à la personne, et non plus uniquement à son statut dans l’embauchage, soustrairait les individus à l’exploitation par d’autres êtres humains. Avec le nécessaire garanti, un homme se laisse moins bousculer et peut mieux embrasser la carrière de son choix.

Libérés des soucis matériels pressants, les hommes pourraient s’appliquer à des activités libres, plus créatrices que le travail commandé, et poursuivre leur développement personnel par l’exercice de fonctions humaines supérieures à la fonction purement économique. Le pain matériel ne serait plus l’occupation absorbante de leur vie.

Mais, si logiques, si sociales et si respec­tueuses de la personne humaine que soient les propositions du Crédit Social, elles brisent radi­calement avec des notions généralement reçues et considérées comme tangibles et intangibles.

C’est pourquoi le Crédit Social ne peut pas résulter d’un simple changement de parti au pouvoir. On n’impose pas une civilisation nouvelle par une élection. Il faut d’abord la faire connaître, la faire désirer, la faire rechercher par la population. Et puisqu’il s’agit d’une civilisation créditiste, disons qu’il faut d’abord développer une mentalité créditiste, faire prévaloir une attitude d’esprit favorable à la vision présentée par le Crédit Social.

Le problème n’est donc pas de mousser un parti politique, mais de faire connaître, aimer et désirer le Crédit Social.

D’ailleurs, la seule conception de parti contredit la philosophie du Crédit Social. Les partis existent pour essayer de prendre le pouvoir et ne s’agitent bien que lorsque est ouverte la lutte pour le pouvoir. Le Crédit Social, lui, distribuerait le pouvoir le plus largement possible entre tous les membres de la société. Le pouvoir économique, par un pouvoir d’achat garanti à chaque individu. Le pouvoir politique, en faisant des députés les représentants réels de leurs électeurs, et non plus les domestiques d’un parti.

Il faut que les électeurs apprennent à exprimer leur volonté commune en tout temps. C’est entre les élections que se prennent les décisions qui affectent la vie des citoyens. Se contenter de voter pour un candidat de parti, puis accep­ter passivement tout ce qui se décide sans l’avis de ceux qui doivent faire les frais des décisions, c’est de l’infantilisme politique.

Qu’est-ce que le crédit social ?

Le crédit social est une idéologie économique et un mouvement social qui est apparu au début des années 1920. À l’origine, c’était une théorie économique développée par l’ingénieur écossais Clifford Hugh Douglas. Chaque citoyen reçoit chaque année un total de monnaie créée proportionnel à la croissance des biens et services, et inversement proportionnel au nombre de citoyens de la zone monétaire. Le nom « crédit social » dérive de son désir de faire que le but du système monétaire (« crédit ») soit l’amélioration de la société (« social »). Le crédit social est aussi appelé dividende universel, dividende social ou, de façon sans doute plus adaptée, dividende monétaire.

Clifford Hugh Douglas affirmait qu’en raison du fait que le total des revenus reçus dans une période de production donnée est moins important que les prix générés dans cette même période, il en résulte une déficience dans le pouvoir d’achat dans cette période. C’est pour résoudre ce problème qu’il propose le crédit social. La production de crédits par ailleurs, qui temporairement peut faire apparaître la masse monétaire comme suffisante, conduit à la formation de « bulles » monétaires, vouées à s’effondrer mécaniquement, puisqu’au fur et à mesure que ces crédits payent leur dette associée, cette monnaie temporairement disponible disparaît.

Il apparaît alors, lorsque la bulle monétaire s’est mécaniquement effondrée, que la masse des biens produits est très supérieure à la monnaie réelle résultante, provoquant de facto une déflation, et une crise.

Il démontrait cette déficience alléguée avec son théorème A+B qui dit que si A représente les paiements versés à tous les consommateurs dans l’économie (par les salaires, dividendes et autre) et B représente les paiements faits par les producteurs qui ne sont pas versés aux consommateurs (tels que les coûts de base des édifices et du renouvellement de l’équipement) alors le prix total des biens produits doit égaler A+B au minimum ; mais puisque seuls les paiements A sont reçus par les consommateurs en revenus, alors les revenus disponibles sont moins grands que les prix générés dans cette même période de production.

Pour qu’un tel système soit soutenable, Douglas affirmait qu’une ou plusieurs des situations suivantes devait se produire :

  • Les gens s’endettent en achetant à crédit.
  • Les gouvernements empruntent et augmentent la dette nationale.
  • Les entreprises empruntent aux banques pour financer leur expansion de façon à créer de la nouvelle monnaie.
  • Les entreprises vendent en dessous de leurs coûts et font éventuellement faillite.
  • Un État gagne une guerre commerciale, endettant les étrangers envers nous pour nos surplus d’exportations.
  • Un État fait une vraie guerre, « exportant » des biens tels que des tanks et des bombes à l’ennemi sans s’attendre à un paiement en retour, en le finançant par des emprunts.

Si ces situations ne se produisent pas, « les entreprises doivent licencier leurs travailleurs, le chômage augmente, l’économie stagne, les impôts restent impayés, les gouvernements réduisent les services et nous avons la pauvreté générale, alors que physiquement nous pourrions tous vivre dans l’abondance ».

La solution du crédit social

Douglas pense que le crédit social peut corriger ce problème en s’assurant qu’il y ait toujours suffisamment de monnaie (crédits) en circulation pour acheter tous les biens qui peuvent être produits. Sa solution est définie par trois revendications principales :

  1. Qu’un « Bureau de crédit national » calcule sur une base statistique le nombre de crédits qui doit circuler dans l’économie ;
  2. Un mécanisme d’ajustement de prix qui reflète le vrai coût de la production ;
  3. Qu’un « dividende national » donne un revenu de base garanti à tous sans tenir compte du fait qu’ils aient ou non un emploi.

L’ingénieur affirme que cette dernière demande a du bon sens puisque la technologie a réduit le nombre de travailleurs nécessaires pour produire les biens ainsi que le nombre d’heures qu’ils doivent travailler. Les idées de Douglas jouissent d’une grande popularité au cours de la Grande Dépression, mais pas assez toutefois pour réaliser son plan.

Démonstration du crédit social. Soient :

  • TBS le total de la valorisation des biens et services ;
  • M0 la masse monétaire réelle (hors crédits) ;
  • DM le Dividende Monétaire ;
  • A l’année en cours ;
  • N le nombre total de citoyens de la zone monétaire ;
  • R le rapport constant entre M0 et TBS : R = M0 / TBS, R étant inférieur à 1.

Chaque citoyen, associé monétaire, reçoit chaque année un total de monnaie créée de :

DM (A+1) = [R*TBS(A+1) – MO(A)] / N

Ou dit autrement puisque MO(A) = R*TBS(A)

DM (A+1) = R/N [TBS(A+1) – TBS(A)]

Ainsi le dividende monétaire est proportionnel à la croissance des biens et services, et inversement proportionnel au nombre de citoyens de la zone monétaire.

À propos de Clifford Hugh Douglas

Clifford Hugh Douglas, né le 20 janvier 1879 à Stockport et mort le 29 septembre 1952, est un ingénieur et un auteur britannique. Il est connu pour avoir créé le concept de Crédit social. Il étudia à Cambridge, travailla pour Westinghouse, la Royal Air Force pour des compagnies de chemin de fer à Buenos Aires et à Londres.

Alors qu’il travaillait pour la RAF, il remarqua que la somme des coûts dépassait la somme des salaires et des dividendes payés. Cela lui semblait contredire les principes de l’économie ricardienne, qui énonçait le contraire.

Douglas rassembla des données pour plus de cent entreprises britanniques et il découvrit que, sauf dans les entreprises allant vers la faillite, la somme des salaires et des dividendes était toujours plus faible que la somme des coûts hebdomadaires.

Douglas publia ses résultats dans l’English Review, où il suggéra que le système des intérêts devait être corrigé pour assurer la justice sociale. Son mouvement prit de l’ampleur au Canada et en Nouvelle-Zélande, où plusieurs ligues furent fondées pour propager cette doctrine.

Son idée de Crédit social autrement appelée dividende social, dividende monétaire, ou dividende universel, consiste à mesurer la croissance de l’économie et de créer la monnaie en proportion de cette croissance et à la distribuer à tous les citoyens de la zone monétaire concernée. Cette méthode est la seule qui permette de créer une véritable monnaie équilibrée selon le Prix Nobel d’Economie Français Maurice Allais, à l’origine notamment de l’association Bankster. Allais dénonce la création exclusive de monnaie par l’argent dette, qui crée une pyramide de crédits vouée à s’effondrer cycliquement.

Il donna des conférences en Norvège et au Japon pour exposer le problème du crédit. En 1952, il mourut dans sa résidence à Fearnan en Écosse. Il est plusieurs fois mentionné dans la trilogie A Scots Quair de Lewis Grassic Gibbon. Il est aussi l’auteur de Programme for the Third World War (« Programme pour la Troisième Guerre mondiale ») en 1944.

À propos de Maurice Allais

Maurice Félix Charles Allais est un économiste français, né à Paris le 31 mai 1911 et mort le 9 octobre 2010 à Saint-Cloud. En 1988, il devient le deuxième Français à recevoir le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel après Gérard Debreu en 1983. C’est un économiste libéral et protectionniste : il est pour une économie de marché à l’intérieur de groupes d’États économiquement homogènes formant une même zone d’échange mais contre l’ouverture douanière vis-à-vis de pays présentant de fortes disparités économiques (niveau de développement, protection sociale, normes environnementales, etc.).

Issu d’un milieu modeste, il est major de sortie de sa promotion (1931) de l’École polytechnique. Ingénieur du Corps des Mines, il oriente sa carrière vers la recherche scientifique et l’enseignement.

Il est un de ceux qui voulurent apporter la rigueur mathématique des sciences dures à la science économique. Il devient titulaire de la chaire d’économie de l’École nationale supérieure des Mines de Paris en 1944 où il professera quarante ans. En 1946, il est nommé directeur de recherche au CNRS. Ses premiers ouvrages furent À la recherche d’une discipline économique (1943) et Économie et Intérêt (1947).

Ses travaux lui valent de nombreuses récompenses qui culminent avec l’attribution du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel en 1988. Cette reconnaissance internationale lui donne l’assise médiatique pour se projeter dans le débat sur l’ouverture financière et la mondialisation. Il développe pour le grand public des thèses qui sont celles de son enseignement depuis longtemps, mais qui contreviennent à l’esprit général des grandes réformes financières et douanières entreprises depuis 1973. Il dénonce les changes flottants, la déréglementation financière, et la suppression des protections douanières. Il annonce que toutes ces nouveautés provoqueront en Europe le déclin de l’emploi et dans le monde le risque d’une nouvelle grande dépression.

À l’occasion de la crise dite « des pays émergents », en 1998, il annonce dans un article au journal Le Monde : « Ce qui doit arriver arrive ! ». Ses positions, contraires aux grands consensus de l’époque, ont souvent été exprimées de façon abrupte. La plupart ne seront généralement pas accueillies favorablement.

La crise économique sévère que connaît le monde depuis 2008, et dont il s’était fait inlassablement l’augure dans de nombreux ouvrages successifs, a fait renaître le débat autour des analyses et des nombreuses questions sur lesquelles il avait pris des positions marquées.

Les idées clés de Maurice Allais
contraires au Consensus de Washington

Après avoir reçu son prix Nobel, Maurice Allais prit part au débat public sur l’organisation économique mondiale par de nombreux livres et articles. Certaines de ses suggestions ont été à l’encontre de toutes les pratiques qui se sont généralisées avec le flottement généralisé des monnaies, la dérégulation financière et l’abaissement général des frontières économiques dans l’esprit du consensus de Washington.

♦ L’interdiction de la cotation boursière continue : Interpellé par la crise boursière de 1987, largement provoquée par des ordres de ventes automatisés par des programmes informatiques, il dénonce la cotation continue comme contraire aux règles économiques qui veut qu’un prix soit d’autant plus significatif qu’il est formé par la rencontre du maximum d’offres et de demandes, et sans autre utilité que de permettre des gains spéculatifs sans cause réelle, au prix d’une volatilité aggravée des marchés financiers. L’accident du 6 mai 2010 à la bourse de New York où un ordre automatique a déclenché un krach technique massif, obligeant les autorités à annuler une séance de cotation, donne une actualité à cette prise de position très tranchée.

♦ L’indexation généralisée des contrats sur l’inflation : Maurice Allais considère que l’inflation est contraire à la vérité économique et fausse la bonne allocation des ressources. Afin de forcer la vérité économique des contrats, notamment des prêts, il demande l’indexation généralisée des contrats notamment des intérêts. Cette idée, refusée par le monde de la finance et de la banque va également à l’encontre de toutes les politiques de désindexation menées depuis les grandes crises pétrolières.

♦ L’interdiction de la transformation bancaire et de la création de monnaie par les banques : Les dépôts faits par les particuliers doivent être effectivement des dépôts, c’est-à-dire un bien appartenant au déposant et dont la banque ne puisse pas disposer à sa guise. Dans ces conditions, le secteur bancaire ne peut plus créer de monnaie de crédit. Les banques ne pourront faire de prêts qu’avec des ressources de durée d’immobilisation comparable à celle des prêts. La création monétaire est réservée à l’État et les gains correspondants viennent en diminution des charges fiscales générales. En contrepartie, l’activité de gestion des paiements des banques devient payante pour les usagers comme n’importe quel service. Toutes les grandes récessions étant provoquées, selon Maurice Allais, par les dérèglements des crédits, on obtiendrait ainsi une croissance plus régulière. Ces idées, déjà développées par Irving Fisher dans la foulée de la crise de 1929, ont été partiellement reprises au Royaume-Uni à la suite du sauvetage très coûteux du système bancaire britannique sous la forme du concept de « banque étroite » de l’économiste anglais John Kay. Mais l’idée dominante reste celle de la « régulation » de la transformation bancaire et de la création de monnaie par les banques, plus que leur interdiction. Les phrases très dures qu’il a écrites sur le sujet comparant les banques à des faussaires lui ont valu l’appui de certains mouvements altermondialistes et le rejet par l’establishment politique et financier.

Ces positions contraires à la pratique généralisée des États occidentaux depuis 1974 ont peu à peu mis Maurice Allais dans la position d’un dissident. La crise en cours depuis 2007, la désindustrialisation en Europe et les délocalisations massives ont redonné une certaine actualité à ces positions longtemps contraires à l’esprit du temps.

Le parti crée une muraille

N’importe quel groupe ou mouvement qui s’occupe de la question sociale gagnerait beau­coup à connaître et assimiler les principes du Crédit Social.

N’importe quel représentant du peuple, individuellement, à quelque parti politique qu’il appartienne, s’il veut véritablement la promotion du bien commun, ne devrait pas hésiter à réclamer une répartition adéquate de la richesse, respectant la liberté personnelle, la propriété et l’entreprise privées. Ce qu’il peut faire tout en demeurant dans le parti qu’il juge le plus apte à administrer le pays.

Mais nous voyons mal qu’une idée maîtresse comme le Crédit Social, qui transcende les partis politiques, qui les enrichirait tous, soit en quelque sorte clôturée sous le nom d’un parti politique. Le Crédit Social est un universel. Un parti politique est une part, un morceau. Appeler un parti « Crédit Social », c’est vouloir enchaîner un universel dans un limitatif.

Du moment où vous faites des mots Crédit Social le nom d’un parti politique, vous excluez la possibilité pour un membre d’un autre parti de se déclarer pour le Crédit Social : ce serait se déclarer pour un parti concurrent. Il vous objectera : Je ne puis pas être en même temps de mon parti et du parti Crédit Social.

Et si la population est habituée à penser à un parti politique quand elle entend les mots « Crédit Social », vous risquez fort de trouver des oreilles distraites, sinon bouchées d’avance, quand vous voulez présenter le Crédit Social à des auditeurs d’un autre parti.

Le but d’un parti politique, c’est de rester au pouvoir s’il y est, ou de tendre au pouvoir s’il n’y est pas. Il y a donc nécessairement lutte entre les partis politiques. Chaque parti est adversaire de l’autre ou des autres. Appeler un parti « Crédit Social », c’est durcir les adhé­rents de tous les autres partis contre tout ce qui porte nom Crédit Social.

Puis on ne soumet pas une vérité au vote. Faire du Crédit Social le sujet d’un vote, c’est se faire dire après un échec : « Vous voyez bien que ce n’est pas bon comme vous dites, puisque le peuple a voté majoritairement contre cela ».

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