À propos de Alain Deneault

Alain Deneault est né en 1970 en Outaouais et est docteur en philosophie de l’université Paris-VIII et directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris. Il collabore également à la revue Liberté, et est régulièrement invité comme spécialiste à des émissions pour parler d’affaires publiques ou d’actualités.

Étudiant les activités douteuses de certaines sociétés minières en Afrique, en Amérique latine et en Europe de l’Est, Alain Deneault montre que ces pratiques sont permises par un système législatif et financier qui a fait du Canada un refuge pour les compagnies minières du monde entier. Cette dénonciation rejoint celle de diverses ONG, notamment KAIROS.

L’essai « Noir Canada: Pillage, corruption et criminalité en Afrique », publié en 2008 par Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher, fait état d’allégations troublantes à partir de très nombreuses sources publiques (rapports de l’ONU, dépositions faites auprès d’assemblées législatives, rapports d’ONG, livres, documentaires, etc.) au sujet des agissements de compagnies minières canadiennes à l’étranger. Dès sa publication, cet ouvrage fait l’objet d’une poursuite en diffamation de 11 000 000 $CA intentée par les deux minières impliquées.

Au bout de trois ans de procédure, les auteurs et les éditions Écosociété parviennent à un règlement hors cours avec la société minière Barrick Gold. L’ouvrage est retiré de la circulation. Dans la déclaration publique accompagnant le règlement hors cour, Barrick déclare avoir présenté des documents « indiquant qu’elle n’avait pas été impliquée dans les conflits au Congo » bien qu’elle ait acquis une concession d’exploration de 82 000 km2 auprès des régimes de Joseph Mobutu puis de Laurent-Désiré Kabila. Comme ils l’ont fait dans l’introduction du livre, l’auteur et les recherchistes de Noir Canada ont réitéré la nécessité d’en appeler à la création, au Canada, d’une commission indépendante enquêtant sur la présence controversée d’intérêts miniers canadiens à l’étranger.

L’affaire a toutefois secoué le public québécois et est à l’origine de la loi 9 (Loi modifiant le Code de procédure civile pour prévenir l’utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la liberté d’expression et la participation des citoyens au débat public). Elle a aussi inspiré le film documentaire « Le prix des mots », du réalisateur Julien Fréchette, qui montre l’impact de cette poursuite sur la vie personnelle des auteurs.

Philosophe et essayiste, chercheur au Réseau pour la justice fiscale, Alain Deneault est l’auteur de « Une escroquerie légalisée. Précis sur les paradis fiscaux » (Écosociété, 12 avril 2016) et de « De quoi Total est-elle la somme ? » (Écosociété, 13 mars 2017). Il est ambassadeur de la campagne Oxfam-Québec « À égalité! ».

Ses travaux universitaires sont divers : il s’est intéressé à la philosophie allemande du XIXe siècle, à la philosophie française du XXe siècle, à l’esthétique, à la psychanalyse, à l’œuvre de Georg Simmel?

Rien de tout cela ne le qualifie pour parler des paradis fiscaux, et c’est justement à ce titre qu’il en parle?