Retrait du fleurdelisé au sommet du Musée national des beaux-arts du Québec

[Communiqué] Le 6 mai 2017 – Quand la fierté baisse pavillon.

Musée national des beaux-arts du Québec – Pavillon central et pavillon Gérard-Morisset.

Suite à l’annonce du Musée national des beaux-arts du Québec à l’effet que le fleurdelisé ne flottera désormais plus au sommet de son pavillon principal, le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ) lance un appel à l’État à montrer l’exemple en matière de déploiement du drapeau québécois pour réaffirmer sa fierté envers nos symboles nationaux.

Depuis le mois de mars, à trois reprises, une institution ou un organisme relevant de l’État a retiré le fleurdelisé pour une raison semblable, une raison de gestion comptable. On se souvient du tollé provoqué par l’annonce de la SAQ, alors que la Société d’État avait décidé de retirer le drapeau de la devanture de ses succursales car l’entretien coûtait, soutenait-elle à l’époque, trop cher.

À peine quelques semaines plus tard, un citoyen à l’œil vif avait remarqué que le drapeau du Québec brillait par son absence au premier endroit où l’on s’attend de le voir flotter : au sommet de la tour centrale de l’Assemblée nationale. Cette fois-ci, le mécanisme du mât était brisé et le gouvernement n’a pas jugé bon de le réparer de manière diligente. Ce qui nous amène à ce matin. Le Soleil nous apprend aujourd’hui que le Musée national des Beaux-Arts emboîte le pas pour des raisons semblables. À qui la faute cette fois-ci ? Au vent qui détériore rapidement le drapeau qui doit régulièrement être remplacé.

« Cet emplacement est particulièrement exposé au vent, entraînant la détérioration rapide des drapeaux », affirme la responsable des relations de presse, Linda Tremblay. « Compte tenu de cette détérioration récurrente (remplacement 4 à 5 fois par année), compte tenu des conditions difficiles dans lesquelles s’effectuait le remplacement de ce drapeau et étant donné qu’un nouveau drapeau a été installé devant l’entrée principale du Musée sur la Grande Allée, il a été décidé de ne pas le remplacer à la suite du dernier bris ».

« Depuis l’ouverture du pavillon Pierre Lassonde au 179, Grande Allée, nous n’installons plus de drapeau sur le toit du pavillon Gérard-Morisset. D’ailleurs, nous prévoyons enlever le mât dans les prochaines semaines », dit à son tour le chef du service des ressources matérielles, Claude Lapouble. « Notre nouveau pavillon Pierre Lassonde, représentant la nouvelle entrée principale du complexe muséal, est désormais le porte-étendard de notre identité québécoise ».

Musée national des beaux-arts du Québec – Pavillon Gérard-Morisset. © Le Soleil.

Le pavoisement est affaire d’État et il est encadré. La législation dicte d’ailleurs que le fleurdelisé « doit être déployé sur les édifices » gouvernementaux. Mais il est également noté que « le drapeau du Québec peut être déployé devant un édifice plutôt que sur celui-ci » (L.R.Q., c. D-12.1, a. 2 et 6). « Les peuples utilisent différents symboles pour affirmer leur identité : drapeaux, armoiries, emblèmes, sceaux, etc. Le drapeau figure d’emblée au premier rang pour ce qui est du pouvoir évocateur, ce qui explique que dans tous les pays on lui accorde égards et honneurs », souligne-t-on sur le site internet du ministère de la Justice. « À ce titre, quels que soient le mode d’utilisation du drapeau et les manifestations auxquelles on l’associe, il faut le déployer de manière à faire honneur à son statut de symbole du pays, de la nation ou de la communauté ».

« À notre avis, ce serait une erreur de prendre ces évènements comme des incidents isolés, car une même intention a guidé ces trois décisions : la déliquescence du sentiment d’appartenance nationale. Depuis une quinzaine d’années, les gouvernements libéraux qui se sont succédé ont offert une même vision du rôle de l’État, ainsi qu’un même faible attachement envers les symboles qui nous rassemblent. Pensons à la vente de nos sièges sociaux, à la privatisation tranquille de nos sociétés d’État, aux coupures tous azimuts dans nos programmes sociaux. Ces décisions ont toutes pour effet d’amoindrir le sentiment d’appartenance des Québécois envers leur État et ses institutions. Voilà ce qui semble être le dénominateur commun qui lie ces trois incidents récents où chaque fois, devant des arguments comptables ou gestionnaires, la fierté a baissé pavillon » a affirmé Martine Desjardins, présidente du MNQ.

« Aujourd’hui, le Mouvement national des Québécois, qui célèbre ces jours-ci son 70e anniversaire d’existence, lance un appel à hisser très haut la fierté. Fierté envers notre État malmené ces derniers temps et qui doit demeurer un rempart aux inégalités de toutes sortes, fierté envers notre langue en état permanent de fragilité, fierté envers notre culture qui nous révèle au monde et bien sûr, fierté envers notre drapeau, un symbole puissant qui nous rassemble tous. Ce faisant, plutôt que la fierté, c’est le cynisme et la perte de confiance qui baisseront pavillon » a conclu Martine Desjardins.

Le Musée national des beaux-arts du Québec

Le musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) est situé sur la Grande Allée Ouest en bordure du parc des Champs-de-Bataille à Québec. Il a pour mission « de faire connaître, de promouvoir et de conserver l’art québécois de toutes les périodes, de l’art ancien à l’art actuel, et d’assurer une présence de l’art international par des acquisitions, des expositions et d’autres activités d’animation».

La collection permanente du musée compte plus de 39 000 œuvres (peintures, sculptures, dessins, photographies, estampes et objets d’art décoratif), essentiellement produites au Québec ou par des artistes québécois, et dont certaines remontent au XVIIe siècle. Depuis 1987, le musée abrite une bibliothèque en ses murs. Un jardin de sculptures composé de 15 œuvres – Le jardin de sculptures Julie et Christian Lassonde – borde le musée. On peut y voir, entre autres, des sculptures de Jean-Paul Riopelle, Claude Tousignant, Armand Vaillancourt, Charles Daudelin, Jean-Pierre Morin et Ludovic Boney.

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RÉFÉRENCES :

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Source : ​​Mouvement national des Québécoises et Québécois.
Renseignements :​ Laurence Alberro
​Responsable des communications
​​514 527-9891 poste 304
​​Cellulaire : 514 884-0223
​​lalberro@mnq.quebec

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