Le drapeau de la République islamique du Pakistan a flotté aujourd’hui sur une tour de l’hôtel du Parlement, à Québec

Le drapeau de la République islamique du Pakistan a flotté aujourd’hui sur une tour de l’hôtel du Parlement, à Québec. Le président de l’assemblée nationale, Jacques Chagnon, a ouvert les débats en disant, à 14h : « Et j’ai également le plaisir de souligner la présence du consul général de la République islamique du Pakistan à Montréal, M. Muhammad Aamer, à l’occasion de sa visite de prise de poste ». Comment d’un côté le gouvernement du Québec peut-il faire honneur à un État qui entretient des relations aussi ambigües avec le terrorisme et qui tolère pernicieusement la maltraitance et le meurtre des femmes à travers le crime d’honneur, alors que de l’autre côté il insulte de plein fouet son propre peuple en hissant au sommet de son parlement l’étendard islamique du Pakistan ? Quel est donc l’objectif du gouvernement Couillard, sinon celui de provoquer la colère dans la population québécoise ?

« Le mécanisme qui permet de hisser le drapeau sur la tour #2 s’est brisé le 5 février dernier », explique Andrée-Anne Marsan-Paquin, conseillère en communication de l’Assemblée nationale. « Pour cette raison, il n’est plus possible de hisser le drapeau du Québec sur cette tour. » Si vous passez dans le coin, vous remarquerez qu’un vaste chantier occupe toujours le terrain avant du parlement.

« En raison du chantier de construction du pavillon d’accueil de l’Assemblée nationale, il n’est pas possible d’accéder à la tour #2 pour effectuer les réparations nécessaires pour le moment. Il est prévu d’effectuer les réparations au cours de l’été 2017. Le drapeau du Québec pourra ensuite être remis en place ». La règle voulant que le fleurdelisé y soit hissé sur la tour centrale en tout temps ne pouvant être respectée, l’Assemblée nationale a décidé de se tourner vers une des petites tours du bâtiment. Le drapeau est donc accroché au sommet de la tour 3, celle du coin sud de la devanture, le temps qu’on puisse retaper l’autre. (Le Soleil, 12 avril 2017)

Le fleurdelisé, symbole de fierté du peuple québécois, a donc côtoyé sur un même pied d’égalité le drapeau de la République islamique du Pakistan, qui fut hissé pour sa part sur la tour no 5 de l’Assemblée nationale, alors que le drapeau des États-Unis était hissé sur la tour no 1 pour la visite d’une délégation de sénateurs de l’État de la Californie.

À propos du Pakistan

La relation entre les différents groupes islamistes basés au Pakistan et les autorités a parfois été qualifiée d’ambigüe. Le gouvernement et les services secrets pakistanais (ISI) ont longtemps soutenu les talibans (officiellement jusqu’en 2001). L’ISI est toujours aujourd’hui accusée d’aider les talibans afghans alors que l’armée mène des opérations militaires de grande envergure contre les talibans pakistanais. À la suite des attentats du 11 septembre 2001, le gouvernement pakistanais a annoncé sa volonté de lutter contre l’extrémisme islamiste. Les autorités ont toutefois souvent été accusées de jouer un double jeu par la suite.

La politique envers le terrorisme est souvent une source de tensions entre le Pakistan et les États-Unis. Bien que les deux pays soient officiellement alliés, les États-Unis reprochent au Pakistan de ne pas mener d’opération militaire au Waziristan du Nord, qui abrite des groupes de talibans afghans et de ne pas avoir coopéré pour obtenir la capture d’Oussama ben Laden et d’autres dirigeants de groupes armés. C’est pourtant une opération conjointe entre les services secrets américains et pakistanais qui permet la capture d’Abdul Ghani Baradar en février 2010 à Karachi qui était considéré comme le « numéro 2 » des talibans afghans. En revanche, la mort d’Oussama ben Laden le 2 mai relance la polémique : le dirigeant d’Al-Qaïda a vécu en famille à Abbottabad pendant plusieurs années, sans être inquiété, alors que l’armée est très présente dans cette ville.

L’islam sunnite est la religion majoritaire du Pakistan, avec 75 % de la population. 20 % des Pakistanais sont chiites et se concentrent dans le nord-ouest du pays, près de la frontière afghane. Entre 1990 et 2007, les tensions entre sunnites et chiites ont provoqué la mort d’environ 4 000 personnes. Au Pakistan, la loi sur le blasphème prévoit la peine de mort pour les personnes qui auraient dénigré Mahomet. En octobre 2014, l’appel d’une mère de cinq enfants condamnée pour ce motif à la peine de mort est rejeté.

Selon la Commission des droits de l’homme du Pakistan (HRCP), en 2007 on a recensé 636 femmes mortes d’un crime d’honneur. Selon la même commission pakistanaise, le nombre de femmes tuées pour crime d’honneur est de 675 pour les neuf premiers mois de 2011.

En 2010, le Pakistan occupait le 125e rang sur 169 pays pour ce qui est de l’indice de développement humain établi par le Programme des Nations unies pour le développement. Ses indicateurs de développement sont parmi les plus bas de l’Asie du Sud et ses objectifs de développement national sont menacés. En raison de l’omniprésence d’une discrimination fondée sur le sexe, les femmes et les filles n’ont pas accès aux services de base et ne peuvent participer pleinement à la vie en société. On remarque aussi que le taux de participation des femmes aux élections est plus faible que celui des hommes.

Politique de pavoisement internationale

Le Gouvernement du Québec pavoise en respectant les usages admis sur la scène internationale, tels qu’on les trouve dans les manuels de protocole (indiqués dans la bibliographie). Cependant, ses interventions dans le domaine sont marquées du sceau de la sobriété : un drapeau, en évidence à la place d’honneur, suffit à remplir son rôle emblématique. En disposer davantage traduirait d’autres préoccupations.

On hisse le drapeau d’un État étranger lorsque le chef de l’État, du gouvernement, un ministre, le chef d’une mission diplomatique ou d’un poste consulaire visite le Québec et rencontre un membre du Gouvernement du Québec dans le cadre de ses fonctions de représentation officielle, notamment lors d’une première visite officielle (ambassadeur) ou d’une visite de prise de poste (consul général). Le même principe vaut pour la visite des plus hauts dirigeants d’une organisation internationale. Selon le rang du visiteur et le type de visite, on déploiera son drapeau national à l’occasion d’un entretien avec le premier ministre ou avec le ministre des Relations internationales et sur une tour de l’hôtel du Parlement. Pour un chef d’État ou de gouvernement, un plan de pavoisement plus substantiel sera préparé. Dans tous les cas, le pavoisement aux couleurs d’un État étranger exprime une marque de courtoisie à l’égard du visiteur et ne constitue pas en soi la réponse à une obligation.

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