Le Domaine Sagard – Le Clan Desmarais et l’élite mondialiste qui nous gouvernent

Le domaine Laforest, couramment appelé Sagard, est un domaine forestier de 76,3 km² (21 000 acres) situé à Sagard, un territoire non-organisé de Charlevoix, au Québec (Canada). Il appartient à la succession de Paul Desmarais (père). Le domaine Laforest est accessible par la route 170, qui relie Saint-Siméon au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le cœur du domaine est accessible via un chemin privé long de dix kilomètres. Sagard est parcouru par la rivière Petit Saguenay, une rivière à saumons, et le ruisseau Laurent.

Selon Robin Philpot, auteur de « Derrière l’État Desmarais: POWER », l’histoire est simple et on peut en trouver le détail dans les archives publiques et les journaux : La Canada Steamship Lines achète le domaine de Sagard, le 8 janvier 1974 en l’échange de « considérations » ; La Canada Steamship Lines cède à son tour la propriété à Power Corporation le 10 novembre 1976 au coût de 1 $ (évidemment la CSL appartient alors à Power Corporation depuis 1966 et son président est Paul Martin depuis 1974) ; Puis, le 18 juillet 1988, Power Corporation en cède la propriété à Paul Desmarais au coût, encore une fois, de 1 $ ; Mais, en 1990, Paul Desmarais vend à son tour la propriété à une obscure société, Polprim Inc., cette fois au coût de 1 028 000 $. Les membres du conseil d’administration ne sont nuls autres que Paul Desmarais (président), André Desmarais (trésorier), Paul Desmarais Jr. (secrétaire) et Jacqueline Desmarais (administratrice). En somme, un territoire de 21 000 acres qui n’aura rien coûté.

Les travaux sur le domaine commencent en 1997. Le manoir, de style renaissance italienne, est inspiré de la Villa Foscari, ou La Malcontenta, de l’architecte Andrea Palladio située à Mira, près de Venise. Le bâtiment principal compte deux étages. Il y a notamment une réplique en bronze du Penseur de Rodin. Le terrain de golf, situé au bord de la route 170 à l’entrée du domaine, compte 18 trous. Selon Tiger Woods, c’est l’un des plus beaux au monde. Le domaine compte un héliport.

Le domaine emploie une centaine de personnes en été, surtout pour l’entretien paysager et ménager. La plus grande partie du village voisin travaille en fait au domaine, d’où le surnom de « Seigneur de Sagard » qui a été donné à Paul Desmarais par Robin Philpot. De nombreux habitants du village se disent heureux, mais certains, sous couvert de l’anonymat, déplore le haut taux de roulement du personnel, les salaires relativement bas ainsi que le chantage et les pressions forçant les employés à adopter les idées politique de Paul Desmarais. Contrairement à ce qui a souvent été rapporté sur le web, la famille Desmarais paie 375 000 en taxe foncière annuellement, ce qui représente environ 75 % des revenus du territoire non organisé de Sagard. Toutefois, l’impôt foncier dans un TNO est deux fois moins élevé que dans d’autres secteurs de Charlevoix.

Selon le rôle d’évaluation foncière, le terrain vaut 2 169 000 $CAN et les bâtiments valent 41 150 500 $CAN, pour une valeur totale de plus de 43 millions de dollars. Un tournoi annuel de bienfaisance auquel participent des milliardaires a lieu depuis ce temps.

En février 2012, Le Journal de Montréal révèle que Michael Sabia, président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a séjourné à Sagard avec sa famille en août 2011. Le Commissaire au lobbyisme, François Casgrain, décide alors de faire enquête sur Power Corporation. Le premier ministre du Québec Jean Charest et la vice-première ministre Line Beauchamp sont alors contraints d’avouer avoir déjà séjourné à Sagard. Le député de Québec solidaire Amir Khadir demande ensuite au Commissaire au lobbyisme d’enquêter sur leurs liens avec Power Corporation. Le célèbre coureur de SteepleChase Antoine Thibeault a également été invité à séjourner durant quelques semaines à Sagard pour un camp d’entrainement en vue des championnats du monde.

La fête de Jackie Desmarais

Le 30 août 2008, une réception est donnée à Sagard pour l’anniversaire de Jacqueline « Jackie » Desmarais, l’épouse de Paul Desmarais. Une grande salle de concert est construite pour l’occasion. Des personnalités comme George H. W. Bush, Bill Clinton, Nicolas Sarkozy, Juan Carlos, Brian Mulroney, Jean Chrétien, Paul Martin, Lucien Bouchard, Jean Charest, Adrienne Clarkson, Sarah Fergusson, Martin Cauchon, Robert Charlebois et Luc Plamondon sont invitées. Selon Le Couac, le coût de cette réception oscille entre 12 et 14 millions de dollars.

Dans la nuit du 29 au 30 mai 2012, la nébuleuse Anonymous diffuse une vidéo de deux heures sur YouTube comprenant des images de l’événement. La vidéo commence par une revue de tournage montrant en accéléré la construction de la salle de spectacle et la préparation de la réception. La deuxième partie montre l’arrivée des invités. La troisième, d’une durée d’une heure et quatre minutes, montre le spectacle. La dernière partie, d’une durée de 20 minutes, a vraisemblablement été filmée lors du brunch du lendemain.

Anonymous informe ensuite Le Journal de Montréal qu’il dispose d’autres vidéos qui seront diffusées si le gouvernement du Québec continue de l’ignorer. Le collectif déclare que « cette vidéo met en évidence l’avarice de l’élite » et que « personne ne devrait avoir ce genre de pouvoir tant que tous les humains de la planète n’auront pas un toit sur [leur] tête et de la nourriture dans leur assiette ».

François Bonnardel, de la CAQ, soutient que Jean Charest n’avait pas d’affaire à Sagard. Amir Khadir compare la vidéo aux Temps des Bouffons de Pierre Falardeau. Le journaliste et essayiste Robin Philpot affirme que « c’est très bien que ça sorte » et accuse Jean Charest d’être redevable à Paul Desmarais. Hugo D’Amours, l’attaché de presse du premier ministre, accuse Robin Philpot de voir des conspirations partout. Nicolas Van Praet, du Financial Post, soutient que cette attaque d’Anonymous est absurde et ne sert qu’à embarrasser une famille puissante.

Plusieurs spécialistes des médias comme Marc-François Bernier et Sylvain Rocheleau se questionnent sur le fait que des publications comme La Presse et Le Soleil, propriétés de Gesca, une filiale de Power Corporation du Canada, ne font pas mention de cette vidéo. Le site web Cyberpresse finit par publier un article à ce sujet dans l’après-midi du 31 mai. Le Commissaire au lobbyisme annonce ne pas se servir de la vidéo dans son enquête, affirmant qu’elle ne montre qu’une « activité mondaine ».

__________________

RÉFÉRENCES :

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s