Diffamation : Les plates excuses du Devoir. Les dessous fumants d’une vile manoeuvre

[Richard LE HIR] — Pris en flagrant délit de diffamation sans justification pour avoir associé le soussigné à l’extrême-droite à titre de « porte-étendard » dans un article publié mercredi, Le Devoir, en conformité avec les exigences de la Loi de la presse, publie ce matin le rectificatif suivant :

« Rectificatif
9 juin 2017

Le Devoir a publié sur ses plateformes numériques, le mercredi 7 juin, une photo de l’ex-ministre péquiste Richard Le Hir pour illustrer sa participation à une conférence au collège de Maisonneuve. Malheureusement, la combinaison du titre de l’article et de la photo pouvait laisser croire qu’il était un porte-étendard de l’extrême droite. Ce n’était pas notre intention. Nous nous en excusons ».

Ne disposant pas de la copie papier du journal, je ne suis pas en mesure de préciser si ce rectificatif y apparaît, et le cas échéant, à quelle page. L’usage veut cependant que ce genre de message apparaisse généralement dans les coins les plus reculés du journal pris en défaut, de façon à dissimuler le plus possible sa turpitude.

Pour ce qui est de la version électronique du rectificatif, elle n’est pas classée en page d’accueil comme l’était l’article accompagnée de ma photo, et si je suis parvenu à la retracer en « googlant » Le Devoir Rectificatif 9 juin 2017, c’est seulement parce que Luce Julien, la rédactrice-en-chef, m’avait prévenu de sa publication.

Aucun média n’apprécie se faire prendre en défaut, et Le Devoir ne fait pas exception. Vous pouvez être assurés qu’avant de donner suite mercredi après-midi à la mise en demeure que je leur avais fait parvenir le matin, les gens du Devoir ont cherché un moyen de s’éviter cette humiliation.

N’y étant pas parvenus, ils ont mandaté, à contre-cœur et à reculons, Luce Julien pour m’offrir ce que prévoit la Loi de la presse, soit la publication d’un récapitulatif et d’une réplique, que Le Devoir souhaitait limiter à 1 200 caractères. Vous avez bien lu CARACTÈRES, et non mots. Devant ma réaction, Luce Julien a majoré son offre à 2 000 et au maximum 2 200 caractères, offre qui m’a été confirmée par les avocats du Devoir le lendemain, et que j’ai rejetée du revers de la main tant elle m’apparaissait sans commune mesure avec la gravité de l’atteinte à ma réputation et le préjudice qui en découle.

Quand vous savez qu’un « tweet » est limité à 140 caractères, vous comprenez que la réplique doit être rédigée en style télégraphique, nullement adapté à la formulation d’un message qui permette d’évoquer la gravité de l’offense, son caractère totalement gratuit et injustifié à moins d’une intention malicieuse, sa violence, sa malveillance, et le préjudice qui en découle.

On comprend qu’une telle bavure cadre mal avec l’aura de supériorité intellectuelle et morale dont Le Devoir a hérité de son histoire et notamment de l’époque de Claude Ryan. Aujourd’hui, il ne reste plus grand chose de cet héritage, réduit de « Fais ce que dois » à « Libre de penser », à condition évidemment que ce soit comme ses journalistes.

Quiconque lit Le Devoir depuis au moins 25 ans a été à même d’observer que non seulement Le Devoir n’a pas échappé à ce grand mouvement de nivellement par le bas que les Américains appellent dans leur style imagé le « dumbing down », mais qu’il en constitue même un des acteurs les plus zélés.

Le Devoir. Le Mercredi, 7 juin 2017, page A 2.

Le Devoir et sa journaliste Lisa-Marie Gervais n’en sont pas à leur première bavure, comme me l’a aimablement rappelé un lecteur de Vigile. En effet, en 2013, le Conseil de presse du Québec avait retenu, « à la majorité, la plainte de M. Jean Archambault contre la journaliste Lisa-Marie Gervais et le quotidien Le Devoir, pour les griefs d’information incomplète et refus de rectification ».

Quant à la question de savoir si l’atteinte à ma réputation commise par Le Devoir et sa journaliste était volontaire malgré l’assurance au contraire contenue dans le rectificatif du Devoir publié aujourd’hui, sans doute à cause de ma formation juridique, je répugne toujours à mettre en cause la bonne foi de quelqu’un sans avoir une preuve solide du contraire.

Mais j’ai reçu ce matin un message de soutien d’un ami de longue date, un des meilleurs journalistes d’enquête que le Québec ait jamais connus et dont le visage est familier à tous les Québécois pour sa présence pendant de longues années sur les écrans de Radio-Canada et de TVA, qui me signalait ceci :

Pas surpris, car devinez donc qui est le rédacteur adjoint du Journal Le Devoir ? ! Un certain Jean-François Nadeau, co-fondateur du journal Le Couac et président fondateur de LUX Éditeur. Deux organes d’extrême-gauche liés au SALON DU LIVRE ANARCHISTE DE MONTRÉAL où l’on peut découvrir entre autres le militant altermondialiste Jaggi Singh…

Je vous fais grâce de l’abondante documentation qui accompagnait ce message.

Le Devoir serait donc noyauté par l’extrême-gauche ? Voilà qui jette un tout autre éclairage sur l’atteinte dont j’ai été la victime. Il s’agirait d’une mesure de représailles contre moi pour ma critique incessante de Québec Solidaire et des groupuscules communautaristes d’extrême gauche qu’il fédère, pour mes questions non pas sur le principe de l’immigration dont je reconnais l’utilité, mais sur le niveau de celle-ci et les coûts faramineux qu’elle entraîne alors que le Québec est en pleine austérité et ne parvient même pas à financer adéquatement ses écoles et son système de santé, et sur le principe de la neutralité de l’État face aux revendications communautaristes.

Au fond, Le Devoir qui se dit « Libre de penser » et ses affidés, cherchaient à me punir pour vouloir exercer ma liberté d’opinion et d’expression. Comme je l’écrivais mercredi, Le Devoir est vraiment tombé très bas.

Qu’il sache seulement que ni moi ni les autres conférenciers réunis par le Mouvement Républicain du Québec ne nous laisserons intimider par d’aussi vils procédés. Les organisateurs étant parvenus à se retourner sur un dix sous, la conférence qui devait se tenir au Collège Maisonneuve se tiendra ailleurs, dans un lieu qu’il ne m’appartient pas de divulguer.

__________________

RÉFÉRENCES :

Cet article a été publié avec l’aimable autorisation de Richard Le Hir (source: Vigile Québec).

NOTEZ BIEN : C’est officiel. Le colloque du MRQ aura bel et bien lieu à Vaudreuil-Dorion.

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