La francophobie, tend à réapparaître. Nous unissons nos voix pour la dénoncer

Au Québec, dans tous les milieux, on condamne de plus en plus haut et fort la misogynie, l’homophobie, l’intimidation, l’islamophobie et les préjugés contre les Autochtones.

Une autre forme de discrimination, la francophobie, tend à réapparaître. Aujourd’hui, nous unissons nos voix pour la dénoncer!

La période post-référendaire sur la question linguistique a été qualifiée par certains de « paix linguistique ». Ce fut aussi l’époque du mouvement « partitionniste » et du « Québec bashing » que des sociologues ont reconnu comme des dérapages racistes à l’égard du Québec. On a tenté de réprimer toute réaction aux affaiblissements de la Charte de la langue française et au déclin du français au Québec et au Canada en les qualifiant pour les minimiser de « vieilles chicanes stériles ».

Le fait de défendre la langue et la culture françaises a été taxé de fermeture d’esprit, de repli culturel et de passéisme. Pourtant, avoir une langue et une culture commune est un facteur d’inclusion de tous les citoyens à une société d’accueil. Il existe des lois linguistiques partout dans le monde, soit dans quelque 190 États et 110 pays, dont le Canada et les États-Unis. Pourquoi le Québec ferait-il exception à la règle?

En somme, les indépendantistes, les francophones, les francophiles, le Québec français au grand complet sont qualifiés d’intolérants, sinon de racistes, dans plusieurs médias anglophones au Québec et au Canada, y compris dans certains médias francophones.

Plusieurs de ces médias auraient peut-être un certain examen de conscience à faire. Nous ne saurons probablement jamais s’il y a eu un lien de causalité entre l’attentat et le meurtre perpétré le soir de l’élection du Parti québécois le 4 septembre 2012 et la campagne francophobe véhiculée dans certains médias, mais, chose certaine, nous pouvons affirmer qu’elle n’a pas contribué et ne contribue toujours pas à faire baisser la tension. Aujourd’hui, nous condamnons l’agression du 4 septembre et les propos qui auraient pu encourager le présumé auteur à agir!

Ce n’est pas d’hier qu’au Canada anglais on tente d’intimider et de culpabiliser les promoteurs et les défenseurs de la langue française. L’opposition à des services en français pour les communautés francophones et acadiennes y est souvent exprimée avec acrimonie.

Ces allégations contre l’aménagement linguistique québécois sont éminemment discriminatoires, car une même politique est jugée différemment selon qu’elle s’applique au Québec ou au Canada anglais. L’accès à tous les services en anglais pour toute la population en tout temps et partout au Québec serait un droit fondamental, alors que dans le reste du Canada, on passe sous silence l’absence généralisée des services en français aux francophones. Voilà un bel exemple des deux poids, deux mesures. Et on omet de rappeler qu’à partir des débuts du régime britannique jusqu’aux années 1960, des provinces canadiennes sont devenues majoritairement anglophones en ayant recours à des lois prohibant l’usage du français aux francophones dans les écoles et dans les institutions publiques. Plus de 75% des francophones hors Québec ont été anglicisés par ces mesures assimilationnistes.

Depuis quelques années, malgré ce discours dénigrant, plusieurs personnalités sont sorties publiquement pour s’opposer aux reculs du français et de l’aménagement linguistique. Voyant les défenseurs de la langue française se mobiliser, le vrai visage de la francophobie se dévoile peu à peu. Depuis que le Parti québécois parle de bonifier la Charte de la langue française, la diabolisation des francophones va jusqu’à associer au nazisme les groupes pacifiques de défense et de promotion du français. Les injures ont atteint une rare et inquiétante intensité dans le cadre du débat sur la laïcité au Québec.

Ces étiquettes accolées aux francophones entretiennent des préjugés de façon durable. Ces accusations abusives créent la division en suscitant la peur et la méfiance chez les nouveaux arrivants et les anglophones, les aliénant de la société québécoise ou canadienne-française. Elles tendent à délégitimer le français comme langue commune et d’intégration, et le droit du peuple québécois à l’autodétermination.

Nous n’affirmons pas qu’il y ait plus ou moins de racisme ou d’intolérance au Québec qu’ailleurs. Aujourd’hui, nous unissons nos voix pour dire que nous n’accepterons plus de nous faire intimider en nous laissant qualifier collectivement de racistes! Nous considérons que le dénigrement généralisé n’est acceptable envers aucun groupe d’appartenance ou de communauté culturelle.

Aujourd’hui, nous invitons les citoyennes et les citoyens du Québec, du Canada et de partout à se lever pour rejeter le discours d’intimidation et de mépris et clamer bien haut qu’un débat démocratique doit se fonder sur le respect et la dignité.

Signez vous aussi la déclaration !

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